Postière à Roost et arbitre de lutte à Pékin
Comment passer du statut de postière à Roost-Warendin, à celui d'arbitre des combats de lutte, aux Jeux olympiques ? C'est très simple, il suffit d'être sélectionné ! Comme l'a été Régine Le Gleut, qui rentre tout juste de Pékin.
Le décalage horaire (6 heures en plus) a laissé des traces sur l'organisme. Régine Le Gleut, 45 ans, habitante d'Hamblain-les-Prés, dans le Pas-de-Calais, et qui devait reprendre hier son travail, avait bien du mal à s'en remettre. Elle était en prime passée des 35°C de la capitale chinoise à la froidure qui régnait ici, en fin de semaine dernière. Dur, dur... Mais, bien évidemment, Régine n'avait aucun regret. Tout au contraire, grâce à ce nouveau séjour lointain, elle a, à défaut de s'être enrichie pécuniairement, engrangé tout un tas de merveilleux souvenirs. Comme celui d'avoir reçu - cerise sur le gâteau -, un sifflet d'or de la part de sa fédération pour ses belles prestations d'arbitre (voir l'article ci-dessous).
Car si elle a, comme de nombreux sportifs, fait le déplacement, c'était non pas en tant que compétiteur, mais pour suivre avec une attention toute particulière les rencontres de lutte qu'elle devait diriger.
Régine est d'ailleurs loin d'être une novice en la matière, puisqu'elle en est à sa troisième olympiade, en tant qu'arbitre international. Après Sydney et Athènes, elle aura donc connu Pékin. Une sélection conquise de haute lutte, c'est le cas de le dire. Car, comme les participants, elle a dû engranger des points et passer par des sélections. Au plan mondial, ils n'étaient qu'une soixantaine et seulement deux Français, un Auvergnat et elle.
De ces Jeux, Régine retiendra tout particulièrement le plaisir qu'elle a eu à diriger d'importantes rencontres, même si ce n'était pas les grandes finales.
Elle a aussi pleuré en entendant La Marseillaise célébrant notre première médaille d'or acquise par Steeve Guenot, en lutte gréco-romaine !
Un tel résultat ne pouvait que ravir cette ancienne athlète, qui fut tout de même quatre fois championne de France. Elle n'oubliera pas non plus la magnifique cérémonie d'ouverture, à laquelle elle a assisté, à peine débarquée de l'avion. Et la suite fut elle aussi menée au pas de charge. Neuf jours de compétition à raison de trois à cinq rencontres quotidiennes, cela ne laisse pas vraiment le temps de faire du tourisme. Heureusement, les organisateurs avaient cependant prévu pour eux quelques sorties, dont la découverte de la cité impériale et de la Grande Muraille.
Mais ces vacances sportives c'est déjà du passé. Place à présent au travail. Régine va donc reprendre son métier de postière à temps partiel. Et elle va repartir pour une nouvelle sélection. Les JO de Londres, c'est dans quatre ans, et elle espère bien y être. •