Céline Dion en apothéose de quatre jours de folie
Las Vegas, Arras. La rime facile que voilà... La cousine chantante du Québec a déserté la mégalopole artificielle du Nevada pour s'incruster un soir entre les pavés millénaires de la cité atrébate. Une chance pour Céline Dion la séductrice de retrouver, au sein de la tournée mondiale qu'elle s'est programmée jusqu'en janvier 2009, un peu de la fraîcheur goldmanienne de ses concerts d'avant l'anglophonie-mania.
Vingt mille personnes amoureuses de Céline, ça vous épate, quand même. Le sentimentalisme dans la chanson serait une affaire de génération, à en croire les cris d'orfraie que poussent quelques trentenaires mâles à l'évocation de la chanteuse québécoise ex-avaleuse de clinquant et de sophistiqué.
Pourtant, messieurs, la voilà qui quitte ses habits d'égérie américanophile pour réendosser sa tenue de grande sentimentale, modulant sa voix extraordinaire aux accents de la sincérité, typique de ce style à l'ancienne. Un exercice pas trop compliqué pour celle qui a tout vu, tout fait pour réussir dans le showbiz. Moins persuasive lorsqu'elle s'essaie à rocker à la mode AC/DC ! C'est pas son truc, point barre. Ouf, elle ne l'a pas fait. À la mode Queen, c'est propre, juste, restitué.
Le spectacle que Céline Dion offre dans son « Taking Chances World Tour 2008 » garde des plateaux végassiens les accroches visuelles fortes, tels les effets d'ascenseurs, promontoires, tapis roulants surplombant le public. Mais, damned, rien de tout cela à Arras : la pourtant belle scène héritée du Main Square festival qui vient de s'achever n'est pas Bercy.
L'humanisation de la scène reprend du poil de la bête par la présence des musiciens complices et de huit danseurs captant les regards du public quand ils ne sont plus prisonniers des robes courtes de la patronne, qui a réussi à faire table rase d'un bling-bling vestimentaire.
Ce sont ses retrouvailles avec plus de simplicité que célèbre Céline Dion à travers sa tournée. Elle cherche à rééditer le coup du coup de foudre - ici à la française -, à revenir sur terre, à tester à nouveau la magie du dialogue, sûre de plaire. Et pas qu'aux quinquagénaires, n'est-il pas ? Ce pouvoir de séduction, je vous assure qu'il marche toujours. Parce que la chanteuse est une pro, qu'elle n'est pas radine, qu'elle prodigue des vocalises toujours aussi vertigineuses, qu'elle a glissé onze titres en français (merci Jean-Jacques Goldman, merci Michel Berger) dans cette tournée de concerts ponctuant un album tout en anglais sorti en 2007. Titanic non plus, ça ne peut se laisser de côté. Céline a trouvé Arras beau et chaud, même sans soleil. La Grand-Place et ses pignons le lui ont rendu en retour. La vedette est repartie dormir à Nice. Plus doux pour la voix. •