La citadelle d'Arras au patrimoine mondial de l'UNESCO

Publié le par Jean-Michel

Et de deux. Après son beffroi, voilà le tour de la citadelle d'Arras d'être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce qui propulse la capitale du Pas-de-Calais dans le cercle très fermé des villes ayant eu cette chance.

Déjà dans l'après-midi, la (bonne) nouvelle avait circulé de portable en portable avant d'être officiellement confirmée. La Belle Inutile, comme elle fut longtemps surnommée, porterait bientôt la plaque de l'UNESCO à son entrée. «  C'est une grande nouvelle. La décision a été prise au Québec, le jour même où Céline Dion est à Arras », se réjouit le maire d'Arras, Jean-Marie Vanlerenberghe. «  C'est la démonstration que notre ville a un patrimoine exceptionnel », s'emballe François-Xavier Muylaert qui avait déjà porté la candidature des beffrois de la région.

Dossier compliqué

L'initiative première en revient toutefois à Besançon qui eut, en 2002, l'idée de proposer le classement de l'oeuvre de Vauban à l'UNESCO. Et de fil en aiguille, d'autres villes se sont jointes à l'initiative. Quatorze au final. À chaque fois, une réalisation représentative de l'architecte de génie était retenue. Arras, au chapitre citadelles de plaine avec son fameux pré carré. Lille aurait mérité la place, mais c'était techniquement difficile. Ce serait donc Arras, aux côtés des prestigieux Briançon, Villefranche-de-Conflent, Mont-Louis, Saint-Martin de Ré... Le dossier technique (encore plus complexe qu'à l'époque des beffrois, dixit le chargé de mission à Beffrois et patrimoine, Philippe Dejter) a été monté avec une belle place laissée aux côtés environnementaux et touristiques et avec un renfort précieux d'Alain Nolibos, le monsieur histoire locale. Le plus difficile ? Le fait que l'on demande aux porteurs du dossier de se projeter jusqu'en 2025, rien que cela.

«  Nous n'avons pas beaucoup de renseignements sur cette citadelle. Nous avons dû plonger dans les archives. Elle a été construite de 1668 à 1672 », poursuit l'adjoint au maire François-Xavier Muylaert. Et, hasard du calendrier, c'est à quelques jours de l'annonce d'un futur plus qu'assombri pour les occupants du lieu (le 601e RCR) que la citadelle reprend du poil de la bête pour une éventuelle reconversion touristique. Mais à quel prix ? Même à considérer que l'État cède les quelque 70 ha de terrains et de bâtiments à l'euro symbolique, il faudra en consacrer, des sommes, pour lui donner une nouvelle fonction. Mais nous en sommes encore loin. Hier, à Arras, jamais on n'avait autant aimé les Québécois. Et pas seulement pour Céline Dion...

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