LES CH'TIS, C'ÉTAIT LES CLICHÉS — EXTRAIT 4 |

Publié le par Jean-Michel

·         « C'est alors que l'impensable, l'inouï, se produisent »

« Timidement d'abord, puis avec de plus en plus d'assurance au fur et à mesure que les paroles s'égrènent, un invité puis deux, puis trois, puis dix, puis enfin toute la salle, reprennent le refrain : « Au Nord, c'était les corons,/La terre, c'était le charbon. » Quoi ?

On se pince, on se demande si on n'a pas abusé du Picon bière à l'apéritif et pourtant, on entend bien : « Le ciel c'était l'horizon ,/Les hommes, les mineurs de fond. »

Sont-ils devenus fous ? A-t-on versé un psychotrope dans les verres de vin ou des champignons hallucinogènes dans les petits légumes de saison ? On s'offusque, on se penche à l'oreille de son voisin qui hurle presque « Au Nord, c'était les corons », on lui fait part de sa surprise. Il s'arrête, vous regarde, interloqué : « Mais... qu'est-ce qui te prend ? Ce n'est qu'une chanson !

Oui, ce n'est qu'une chanson. Qu'à la mort de Pierre Bachelet, en février 2005, les supporteurs du Racing-Club de Lens entonneront pour rendre un dernier hommage au chanteur. Et dont ils ont fait, depuis, l'hymne du club. Qu'ils chantent dans Bienvenue chez les Ch'tis. Et qui leur reviendra comme un boomerang, le soir du samedi 29 mars 2008 au Stade de Fiance, quand les ultras du Paris-Saint-Germain déploieront une banderole de 25 mètres de long : Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez les Ch'tis ! »

Oui, bienvenue ! »

Élise Ovart-Baratte, Les Ch'tis, c'était les clichés, chapitre « Rien qu'une chanson », pages 27 à 28

 

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M
publié sur blog chroniquevirgule le 31/08:<br /> <br /> Je m’étonne que madame Elise Ovart-Baratte n’ait pas fait l’ENA : le sérieux de son essai (que je ne lirai pas mais dont Rue 89 parle fort bien) n’a d’égale que les âneries des énarques, des technocrates et autres esprits formatés. Ainsi, cette “politique publique de développement au service de l'image d'un territoire“ me paraît-elle relever du gag les plus étonnant que puisse offrir la langue de bois.<br /> Misère, misère, misère !… Sorti de son image, pas de salut possible. Mais laissons de côté le fond des choses, ne nous attachons qu’à leur apparence…<br /> <br /> Madame Elise Ovart-Baratte, plutôt que faire Sciences Po, aurait dû suivre les cours de l’Université L’Oréal du Gag et de la Com. Là, les deux mains dans les eaux de toilette, les gels intimes et les crèmes hydratantes, loin d’ingénieurs trop bien élevés pour envisager l’idée de la lui mettre, elle aurait eu la chance d’étudier le peuple, le vrai, celui qui ne boit jamais son petit rouge sur le zinc, qui évite à tout prix de vous sortir chaque matin la meilleure de l’année, et surtout de péter en se marrant. Parce qu’au zinc, au milieu de blacks aux dents blanches, de blancs bcbg et de petits beurs tirés à quatre épingles, elle eût été à bonne école, la charmante Elise Ovart-Baratte.<br /> Bon cessons de nous amuser aux dépens de cette dame, plongeons au fond des choses…<br /> <br /> Certes, le film de Dany Boon était drôle, ses gags renouvelés, et l’on comprend que les spectateurs, dont moi-même, aient hurlé de rire dans les salles obscure, certains (dont moi-même, Michel Cornillon-Vaurien) sortant la larme à l’œil.<br /> <br /> D’accord, mais vingt millions de spectateurs, tout de même…<br /> <br /> Eh bien cela signifie que vingt millions de nos concitoyens ont apprécié ce laisser-aller, ce parler cafouilleux, cet étalage de gauloiseries pudiques qui le changeaient enfin de la langue de bois omniprésente, du clinquant de façade et du sans-gêne de l’actuelle présidence.<br /> Cela signifie que vingt millions de Français de tous âges et de toutes origines se sont contemplés dans les parties de boustifailles entre potes, ont été transporté par la liberté, l’égalité et la fraternité qui régnaient à l’écran.<br /> <br /> Et le plus fin, de la part de Dany Boon, ce sont ces larmes finales que chacun versait, sans doute sur lui même et sa France, ce cher pays de son enfance, ce pauvre pays, sans autres racines désormais que Coca et MacDo.
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