LES CH'TIS, C'ÉTAIT LES CLICHÉS — EXTRAIT 4 |
· « C'est alors que l'impensable, l'inouï, se produisent »
« Timidement d'abord, puis avec de plus en plus d'assurance au fur et à mesure que les paroles s'égrènent, un invité puis deux, puis trois, puis dix, puis enfin toute la salle, reprennent le refrain : « Au Nord, c'était les corons,/La terre, c'était le charbon. » Quoi ?
On se pince, on se demande si on n'a pas abusé du Picon bière à l'apéritif et pourtant, on entend bien : « Le ciel c'était l'horizon ,/Les hommes, les mineurs de fond. »
Sont-ils devenus fous ? A-t-on versé un psychotrope dans les verres de vin ou des champignons hallucinogènes dans les petits légumes de saison ? On s'offusque, on se penche à l'oreille de son voisin qui hurle presque « Au Nord, c'était les corons », on lui fait part de sa surprise. Il s'arrête, vous regarde, interloqué : « Mais... qu'est-ce qui te prend ? Ce n'est qu'une chanson !
Oui, ce n'est qu'une chanson. Qu'à la mort de Pierre Bachelet, en février 2005, les supporteurs du Racing-Club de Lens entonneront pour rendre un dernier hommage au chanteur. Et dont ils ont fait, depuis, l'hymne du club. Qu'ils chantent dans Bienvenue chez les Ch'tis. Et qui leur reviendra comme un boomerang, le soir du samedi 29 mars 2008 au Stade de Fiance, quand les ultras du Paris-Saint-Germain déploieront une banderole de 25 mètres de long : Pédophiles, chômeurs, consanguins, bienvenue chez les Ch'tis ! »
Oui, bienvenue ! »
Élise Ovart-Baratte, Les Ch'tis, c'était les clichés, chapitre « Rien qu'une chanson », pages 27 à 28