Sondage sur le rattachement de la Wallonie à la France : la réaction de Laurent Brogniet, du Rassemblement Wallonie-France
la réaction de Laurent Brogniet, du Rassemblement Wallonie-France
Selon notre sondage, 49% des Wallons sont favorables au rattachement de la Wallonie à la France. Depuis 1999, le Rassemblement Wallonie-France, un parti très minoritaire en Belgique, milite pour que la Wallonie intègre la France. Pour Laurent Brogniet, secrétaire général du parti, cette évolution est inéluctable dans une Belgique en «phase terminale».
À Mons, l'idée divise mais n'effraie pas grand-monde
La Wallonie intégrée à la France ? De l'autre côté de la frontière, l'idée divise les habitants de Mons, près de Maubeuge. Mais ne fait peur à personne. C'est étrange mais, quand on demande aux Belges si ça leur dirait de devenir français, ça les fait d'abord rire. Puis réfléchir. Certes, le rattachement de la Wallonie au grand voisin français ne conviendrait pas à tout le monde. Virginie, 27 ans, dit que « ce serait dur » : « On perdrait notre identité. Je préférerais encore qu'on devienne une petite entité wallonne, car on aurait du mal à se sentir français. » Randazzo, trentenaire d'origine italienne préfère lui aussi « que la Belgique reste indépendante » : « Je suis bien comme je suis, belge, je ne veux pas que ça change. » Mais le même ajoute : « Maintenant, ça ne me gênerait pas de devenir français. » La chose est assez déconcertante, mais beaucoup prennent l'idée de changer de nationalité avec une certaine décontraction. « Si on me dit que je suis français, c'est ok pour moi », dit Alain... qui n'en voit pourtant pas l'utilité. Marc, sexagénaire, est plutôt contre - « je pense qu'on n'a rien à y gagner » - mais précise : « Nos repères sont français. À l'école, on a appris la gloire de la France. Donc si on venait me dire demain que je deviens français, je n'irais pas prendre les armes. » À son côté, sa femme hoche la tête : « C'est complexe, mais moi, ça ne me dérangerait pas. » D'autres le souhaitent ardemment. Jean, 81 ans, croisé sur la Grand-Place : « Je signe tout de suite ! La Belgique est foutue. Le problème, c'est la royauté : qu'est-ce qu'elle va devenir ? » À croire qu'il n'existe pas de différence entre Français et Wallons : « Peut-être que nous sommes moins cocardiers, tente Michel, 68 ans, et on ne se prend pas vraiment au sérieux. Mais culturellement, nous sommes très proches de vous... » Ce jour-là, parmi les plus remontés contre l'idée d'un rattachement à la France, on trouve... deux Français. Samir et Nathalie, venus de Maubeuge : « La Belgique, ça reste un pays étranger. Et c'est plus vivant ici. Si demain ça devenait français, on irait se promener plus loin. En Flandre, peut être... »
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