Violences conjugales et port du voile
Un Lillois de 30 ans est depuis vendredi écroué à Marseille. Il a été condamné à deux ans de prison dont six mois ferme pour violences sur sa femme. Elle avait ôté en partie son voile islamique.
Classique affaire de violences conjugales, acte machiste ou guidé par la religion ? L'agression dont a été victime une Lilloise s'est en tout cas retrouvée au tribunal correctionnel de Marseille. L'auteur des coups, son mari, a été condamné à deux ans de prison dont six mois ferme.
Les faits se sont produits jeudi, sur un parking de supermarché. Un jeune couple de Lille - Djamila, 24 ans, Ali, 30 ans - est en vacances à Marseille. Il fait chaud. Dans la voiture, Djamila laisse glisser une partie de son voile pour se rafraîchir le cou. En sortant du véhicule, elle ne le remet pas en place, ce qui fâche son conjoint. Un passant alerté par les cris la découvre en sang (nez fracturé, joues tuméfiées). Son mari dit qu'elle s'est cognée sur un rétroviseur. Mais les larmes disent le contraire. Le mari violent est interpellé et présenté en comparution immédiate.
Si, à l'audience, il s'excuse, il n'attendrit guère le tribunal. Son épouse explique porter le voile « parce qu'il me l'a demandé ». Et lui de répondre : « Si elle veut le mettre ou pas, c'est pareil. » Pour l'avocate qui le défendait, Me Marie-Laurence Pennica, « on oriente le débat sur le port du voile mais c'est d'abord un cas de violences conjugales comme tant d'autres », même si « nous sommes dans une culture totalement différente ». Elle plaidait pour un suivi thérapeutique, mais Ali a été condamné à la prison. Et Djamila ? Sans réclamer de dommages et intérêts, elle est repartie pour Lille le soir même. Chez eux à Moulins, ou chez des parents ? Elle disait vouloir « réfléchir ». Le couple est marié depuis un an et ce n'est pas la première fois qu'il la frappait.