LILLE VEGAS
Des rangées et des rangées de machines. Le rêve, en somme, pour celui qui aime le jeu et le bruit des machines à sous. Hier, on est venu tenter sa chance au casino à Lille. On ne sait jamais, la veine du débutant...
AURÉLIE JOBARD >
On a fait un effort sur sa tenue vestimentaire. Remarquez c’est normal, on est au casino. C’est chic. Et puis c’est un grand jour aussi.
Pour la direction du groupe Lucien Barrière tout d’abord. Depuis novembre, l’institution n’était ouverte qu’en soirée pour les amateurs de jeux de table.
Mais depuis hier, c’est le jackpot. L’accès à 150 machines à sous est proposé de 10 h à 4 h du matin. Alors pour celui qui aime flirter avec l’appât du gain, c’est le rêve. Et visiblement, ils sont nombreux.
Une heure après l’ouverture hier, la directrice de l’établissement, Patricia Legros, indiquait : « 93 entrées ». Il est seulement 11 h du matin. Bon disons qu’il y a l’afflux des curieux mais tout de même. On aime ce bruit, ce « gling, gling », visiblement. Ces euros qu’on a pris soin de transformer en jetons à la caisse. Ce bol qu’on agite avant de choisir scrupuleusement sa machine. Et de s’installer, enfin.
Ce couple, par exemple. Tous deux viennent de Denain. Habituellement, ils fréquentent le casino de Saint-Amand, mais comme plusieurs le font savoir, « là-bas, on ne gagne plus rien et l’accueil est mauvais ». Alors on vient, comme beaucoup, tenter une énième chance. On ne sait jamais. Et ce casino, à Lille, c’est comment alors ? « Pour nous, c’est bien, on teste de nouvelles machines. Moi ce que j’aime, c’est toutes ces lumières et ces boutons qui clignotent », poursuit le couple. « Un peu trop de bruit en revanche. Trop de musique, on n’arrive pas à se concentrer sur notre jeu ». Remarque rapidement prise en compte. En revanche, bizarrement, les danseuses du ventre qui défilent, entre les machines à sous, ne semblent pas perturber nos joueurs. Et encore moins les clients du restaurant, la plupart, des seniors, qui profitent « du menu très raisonnable ». Comme Alain et Monique qui eux, pour le coup, ne sont pas ici pour décrocher le gros lot mais plutôt, « pour changer d’ambiance. On vient de Frévent. De la campagne, en fait, et avec toutes ces lumières, on a l’impression d’être en Amérique sans même avoir pris l’avion ». La directrice, elle, rêve de « vrais » touristes avec l’ouverture du casino définitif d’ici un an. Une « mise » qui fait doucement rire les Verts.