Vu de Bruxelles.......

Publié le par Jean-Michel

L'édito du « Soir » : Wallons, je vous ai compris

« La Belgique, il ne faut pas y toucher. (..) Ou alors, il faudrait que les Flamands rendent la vie impossible aux Wallons, et qu'alors les Wallons se jettent dans nos bras".

 

 

 Ainsi parlait Charles de Gaulle à l'automne 1965 (1). Et si, quarante-trois ans plus tard, cet « alors », évoqué par mon général, ne relevait plus du fantasme politique ?

Le grand bond rattachiste révélé par le sondage saute-frontières « Le Soir - La Voix du Nord » pourrait le laisser augurer. Car enfin les chiffres sont stupéfiants : en un an - sous l'épouvantable ère Leterme... - l'idée d'un arrimage à la France a progressé de vingt points dans l'opinion sudiste ! Dès lors, il se trouve un Wallon sur deux pour envisager calmement ce scénario-refuge en cas d'implosion belgo-belge.

Dans le même temps - divine surprise après des décennies de mépris hexagonal - 60 % des Français se disent désormais favorables à accueillir les provinces wallonnes dans le giron républicain.

« Allons enfants... », comme aime à le chanter l'homme qui fait chez nous office de Premier ministre ? Oh !

avant de se rattacher, il conviendrait d'abord de... se détacher, comme eut dit La Palice, un autre Français célèbre. Or la... partition est loin d'être jouée.

Et un référendum, pure utopie.

Car à Paris, Rome, Londres ou Madrid, les chancelleries voient d'abord midi à leur porte et mesurent l'effet d'entraînement que la partition belge pourrait induire au sein de l'Union rongée par ses particularismes.

On lira donc ce sondage comme une machine à mesurer l'extraordinaire progression des mentalités francophones dans ce (toujours) pays. Mais aussi comme un avertissement solennel aux hommes politiques flamands qui entendent nous faire danser comme ils sifflent, au prétexte de la loi du nombre et de leur insolente santé économique.

Attention : si la Belgique tient encore, les tabous, eux, ont bel et bien sauté. Ni les Wallons ni même, on le sent, les Bruxellois n'envisagent qu'on leur rende la vie plus « impossible » encore. •  

LUC DELFOSSE, rédacteur en chef adjoint du « Soir »

 
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