C'est pas la joie !!!!

Si des militaires de la région défilaient hier matin, sur les Champs-Élysées, des prises d'armes se sont aussi déroulées dans le Nord - Pas-de-Calais. À Lille bien sûr avec son défilé incontournable, mais aussi à Arras ou Cambrai, où l'ambiance était différente, sur fond de livre blanc de la Défense et de menaces de départ des militaires.
« Nous voulons encore voir les Mirage survoler Cambrai en 2013 ! » Jimmy, Cambrésien de sept ans, et sa maman ont répondu hier matin à l'appel lancé pour manifester, à l'occasion de la prise d'armes sur la Grand-Place de Cambrai, leur soutien à la BA 103, menacée de disparition à l'horizon 2012. Les Cambrésiens étaient quatre à cinq fois plus nombreux que les années précédentes à assister à cette cérémonie militaire qui, sans la base aérienne de Cambrai-Épinoy, n'existerait plus. En effet, le commandant d'armes de la place de Cambrai n'est autre que le commandant de la BA 103, le colonel Caïtucoli, qui s'est dit heureux et touché par la participation massive des Cambrésiens.
L'émotion était palpable. Notamment lors des deux passages de trois Mirage de la base, à basse altitude, ou encore lors du défilé des troupes, qui n'avaient jamais autant été applaudies. « Mais cette cérémonie n'était pas un adieu, clame le sénateur Jacques Legendre. Aucune décision n'est prise à ce jour. Il faut continuer à rester très ferme, à montrer les dents... Je serai très attentif aux décisions finales. La BA 103 est une bonne base, qui ne souffre d'aucun handicap. Si on sacrifiait Cambrai au profit d'une autre base... cette décision laisserait des blessures profondes. » C'est au président de la République que revient l'ultime décision. La base aérienne cambrésienne (qui emploie 1 500 personnes) fermera-t-elle, comme l'a préconisé le ministre de la Défense, en 2012 ? La réponse ne devrait pas être connue avant la fin du mois selon les élus du Cambrésis, plus que jamais mobilisés.
Le 601e régiment de circulation routière, basé à Arras, était présent sur deux fronts, hier matin. Au pied de l'Arc de Triomphe, occupé à l'encadrement du défilé sur les Champs-Élysées, et sur les pavés de la place des Héros, dans le chef-lieu du Pas-de-Calais, sacrifiant à la traditionnelle prise d'armes avec la participation d'un détachement d'une trentaine de soldats, côtoyant les sapeurs-pompiers et des gendarmes motocylistes.
Peut-être la dernière apparition du « 601 » sur le pavé arrageois. La suppression prochaine du régiment est dans tous les esprits. « Mais je n'ose y penser. Il y a des bouleversements en cours. On peut garder un espoir, même s'il est mince, de voir rester notre régiment », a simplement expliqué Jean-Marie Vanlerenberghe, le sénateur-maire d'Arras, une fois les militaires retournés dans leurs quartiers de la citadelle. Citadelle arrageoise par ailleurs classée il y a tout juste une semaine au patrimoine mondial de l'UNESCO.