Banderole : une association de Lensois porte plainte
Marqué par l'affaire de la banderole anti-Chti déployée le 29 mars au Stade de France et surpris de ne pas pouvoir déposer une plainte individuelle au lendemain de la finale de la Coupe de la Ligue entre Lens et le Paris SG, le Courriérois Olivier Marlière a créé une association trois jours plus tard. «Lensois sans emploi, pas sans honneur» étant désormais parue au Journal officiel, la plainte collective a été enregistrée
Ils sont enfin là. Devant le commissariat de Lens. Olivier Marlière, le président de l'association, et Emmanuel Leducq, le vice-président, attendent d'être reçus au commissariat. «Nous allons déposer une plainte collective contre X, contre la Ligue de football professionnel, qui a organisé la finale, et contre le Paris SG, club qui a abrité, en son siège du Parc des Princes, des individus qui ont sciemment confectionné la banderole diffamatoire.»
Certes, les membres de l'association émanant au départ de personnes à la recherche d'un emploi, touchées dans leur honneur par ce mot «chômeurs», ont bien conscience que le soufflet est retombé quelques jours après les faits. Mais ils ne voulaient pas abandonner la partie, souhaitant une reconnaissance de cet «acte de provocation ou de violence dans une enceinte sportive à l'encontre d'une certaine catégorie de personnes». Sur les conseils de Me Lévy, avocat de la Ville de Lens, l'association a donc poursuivi son action qui, même si elle ne débouche que sur le versement d'un euro symbolique, redonnera la fierté à ceux qui se sont estimés blessés.
Au sein de l'association «Lensois sans emploi, pas sans honneur», qui compte huit personnes en recherche d'emploi sur quatre-vingt, on attendait avec impatience la décision de la commission réunie dans l'après-midi même. Mais sans illusions, car chacun s'est étonné «du mutisme de Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel, et du conseiller en communication de Bernard Laporte, secrétaire d'État chargé des Sports».
Une vingtaine de minutes après leur entrée au commissariat de Lens, Olivier Marlière et Emmanuel Leducq sortaient avec le reçu de leur plainte, acceptée en bonne et due forme avant d'être transmise au parquet de Bobigny. Sur le parvis, pas de grand rassemblement mais un simple soutien, celui d'Alain Lemaire, supporter du Racing depuis plus de trente ans. «Voilà ! Nous avons fait notre boulot de citoyen», a lâché le président. «Pour la dignité de tous les habitants de la région Nord - Pas-de-Calais et pour les vrais amoureux du sport et de notre club. Nous ne voulons pas que ceci se reproduise. Il y en a assez des insultes proférées en toute impunité !»