Télé régionale : le compte à rebours
Le groupe Voix du Nord, la Région, le Crédit Agricole et la Caisse d’Épargne portent ensemble un projet de chaîne devant le CSA
Une chaîne supplémentaire l’an prochain pour les téléspectateurs du Nord - Pas-de-Calais ? C’est la volonté du Conseil supérieur de l’audiovisuel qui a lancé un appel à candidatures. Le conseil régional a décidé hier d’être partenaire du projet porté par le groupe Voix du Nord, le Crédit Agricole et la Caisse d’Épargne.
Pour le grand public, la télévision régionale est, pour l’instant, le domaine quasi exclusif de France 3. L’offre va s’étoffer l’an prochain avec l’apparition annoncée d’une nouvelle chaîne diffusée par la TNT.
Reste pour les candidats potentiels à présenter un projet aussi séduisant que solide pour convaincre le Conseil supérieur de l’audiovisuel.
Le dossier porté par le groupe Voix du Nord, le Crédit Agricole et la Caisse d’Épargne a franchi hier une nouvelle étape d’importance en convainquant le conseil régional de s’associer à ce projet.
La délibération adoptée à une large majorité (PS, UMP, groupe centriste et Verts ont voté « pour », le FN s’est abstenu, le PC a voté « contre ») constitue un double engagement. D’une part la Région participera au capital de la future chaîne à hauteur de 500 000 euros, d’autre part elle s’engagera dans un programme de coproductions avec la future télévision régionale et des télévisions locales pour un montant annuel de trois millions d’euros.
Conseil d’éthique
Avant le vote, une délégation du groupe Voix du Nord conduite par Michel Nozière, président du conseil d’administration, et Jacques Hardoin, directeur général, a détaillé les différents volets du projet.
Une télévision pour quoi faire ? Informer, distraire et échanger.
Jacques Hardoin a mis en avant la volonté d’ajouter du lien social dans la région grâce à un projet de chaîne qui met l’accent sur la convivialité, le pluralisme et la citoyenneté. Une charte garantira le respect de la ligne éditoriale.
Pour veiller à la qualité des programmes, un comité d’éthique sera mis en place avec une vingtaine de personnalités de la société civile. Ce comité sera présidé par Philippe Lamblin, co-inventeur de la Route du Louvre. Autour de lui, des profils aussi variés que le musicien Jean-Claude Casadesus, Patrick Peugeot l’ancien président de La Mondiale, l’industriel Didier Leroy qui dirige Toyota Onnaing… Un médiateur assurant le lien entre la chaîne et le grand public pourrait aussi être mis en place.
Si le Crédit Agricole Nord de France soutient le projet, c’est, explique son directeur général Alain Diéval, parce que cette chaîne est un élément pour « développer le territoire et favoriser l’innovation».
La chaîne, relayée par l’émetteur de Bouvigny, s’adresse à un public potentiel de quatre millions d’habitants qui déborde un peu sur la Picardie et la Wallonie. Un partenariat avec les chaînes belges voisines est d’ailleurs en gestation.
Le partenariat public - privé accepté hier par le conseil régional est sans équivalent en France. « Nous avons mille raisons de parler ensemble à quatre millions d’habitants », indique Daniel Percheron qui a su balayer les réticences initiales et faire partager son analyse à une majorité de conseillers régionaux.
Consultation
Avant lui, Pascal Josèphe, le président de la société IMCA qui joue un rôle de conseil sur ce projet, a invité les élus à ne pas « rater la révolution numérique comme certaines villes ont refusé le train au XIXe siècle».
Au rayon « nouvelles technologies », le projet de chaîne s’appuie d’ores et déjà sur une consultation des citoyens par l’Internet avec le site www.jinventematele.com. En un mois 1 800 personnes ont apporté leurs suggestions dans cette boîte à idées… et à images.