« On ne peut être réduits à un paquet de frites »
Auteur d’un texte caustique qui s’est répandu comme une traînée de poudre ces derniers jours, le comédien Jacques Bonnaffé est devenu dans l’esprit de certains l’homme qui s’oppose à la déferlante Boon.
Le célèbre comédien natif de Douai, grand défenseur du patois picard, se dit « ahuri » de l’octroi de 600 000 euros par le conseil régional pour soutenir la promotion de Bienvenue chez les Ch’tis et se déclare même « heureux » d’avoir été dispensé de jouer dans le film. Contacté par nos soins, il précise : « Dany Boon est un humoriste exceptionnel. Pas seulement dans les gags, mais dans son message. » Où est le problème alors ? « Je trouve ça bien que le film soit accompagné par le conseil régional, mais je dénonce le deux poids, deux mesures. Beaucoup se souviennent des bagarres contre le désengagement des pouvoirs publics pour faire survivre des structures ou des spectacles dont l’objectif n’était pas le fric, à Dunkerque, Arras ou Valenciennes. » Et sur le fond ? « Il peut y avoir d’autres nuances sur l’identité picarde. Ma position, c’est contre cet aspect monolithique du terme "chti" qui regrouperait tout le monde. Elle est un peu courte. On ne peut pas être réduits à un paquet de frites.